La valeur inestimable de la forêt urbaine

Pour le bénéfice de celles et de ceux qui se soucient de la forêt urbaine, nous tenons à faire le point depuis les événements récents qui ont conduit à la remarquable mobilisation citoyenne dans St-Louis-de-France et en bordure du boulevard Hochelaga. Il nous apparaît nécessaire que le dialogue que Ville s’apprête à ouvrir avec les citoyens et les organismes engagés dans la préservation de la forêt urbaine repose sur des bases éclairées.

1. Il ressort clairement que l’on coupe trop d’arbres dans la Capitale-nationale : cette pratique va de l’abattage massif à la coupe qui élimine les arbres au départ d’un chantier. Dans la majorité des cas (dont l’abattage au Cap-Blanc est l’illustration), les abattages se font sans qu’une justification publique n’ait été présentée aux citoyens ou aux élus, lesquels assisteront impuissants à la dévastation d’un paysage ou d’un lieu auquel ils sont attachés. Couper un arbre en milieu urbain devrait être l’exception, mais force est de constater que l’abattage est toujours la règle. 

Quebec – coupe d’arbres dans la falaise au-dessus de la phase III de la promenade Samuel-De Champlain – 22/01/2021 – le 22 janvier 2021 – Photo Le Soleil Erick Labbe.

2. Bien que chaque cas soit différent, on place les citoyens devant le fait accompli ou face à une décision unilatérale. En cela, on coupe des arbres en l’absence d’acceptabilité sociale, à l’encontre de la volonté citoyenne exprimée ou sans informer au préalable la communauté. Ce fut le cas notamment aux Jardins du Corps-de-Garde et sur le site de la future Maison des aînés dans le quartier Saint-Louis-de-France, mais ailleurs aussi comme on le sait.

Les Jardins du Corps-de-Garde avant l’abattage des arbres
Source: Ariane Daoust – Novembre 2020

Maison des aînés - Saint-Louis-de-France - Travaux d'abattage

Maison des aînés – Saint-Louis-de-France – Travaux d’abattage
Source: Guillaume Simard, Québec Arbres – Avril 2021

3. En 2021, nous estimons que les arbres, les boisés urbains et la canopée font partie d’un patrimoine naturel commun appartenant à la communauté. C’est pourquoi on ne peut plus le brader sous prétexte que l’on coupera toujours des arbres pour achever le développement et qu’un jour le petit arbre deviendra grand. Alors que la Ville fait des efforts très importants pour contenir l’agrile du frêne, ces efforts sont anéantis par le recul de la canopée urbaine à chaque fois qu’on coupe dans l’intention de replanter. Ce fut le cas au Boisé de Rochebelle et en bordure du boulevard Hochelaga, et c’est toujours ce qui est projeté pour le tramway.

Boisé de Rochebelle – Abattage de 27 arbres
Source: Raymond Routhier, Radio-Canada – 21 juin 2019

4. Enfin, alors que des arbres tombent aux quatre coins de la Ville bien avant l’implantation du futur réseau de transport structurant et que de plus en plus de résidents s’en indignent, la Ville demande aux citoyens de lui faire confiance. Nous estimons que, pour obtenir une telle confiance, la Ville de Québec doit s’engager dès maintenant à faire plus et à mieux faire pour la préservation de la forêt urbaine. En accord avec le développement durable, les projets doivent être adaptés pour tenir compte des arbres présents sur un site plutôt que le contraire. Autrement dit, il y a des pratiques qui doivent changer.

Boulevard Hochelaga – Après l’abattage des arbres
Source: Vigilance Arbres Sainte-Foy – Mai 2021